Hôtel de ville

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© Photo Sylvain Frappat, 2015, VdG

Au début des années 1960, l’hôtel de Lesdiguières, qui abrite la mairie depuis 1719, devient trop exigu. La construction d’un nouvel hôtel de ville, achevée en 1968, est inscrite dans le programme des équipements qui doivent accompagner les Jeux olympiques d’hiver de 1968. Sa réalisation résulte d’une collaboration entre architectes, urbanistes et artistes plasticiens (Maurice Novarina, Jacques Giovannoni, Jacques Christin et Marcel Welti), recherchant l'alliance de l'harmonie, l'esthétisme et le fonctionnalisme.

Le programme (1965-1968) projette de réunir dans un même lieu élus, services et accueil de la population. Le parti pris architectural différencie les fonctions avec un bâtiment composé de deux parties : un socle pour l’accueil du public (bureaux administratifs, salle du conseil municipal, salon de réception, salle des mariages) et, à l’aplomb de ces espaces, une tour de 12 étages réservée à l’administration municipale. Son insertion dans le parc Paul-Mistral repose sur la combinaison d’un rez-de-chaussée surélevé placé au-dessus d'une cour centrale et surmonté d’une tour revêtue d'un mur-rideau réalisé par l'ingénieur Jean Prouvé.

Ce projet conjugue fonctionnalisme et monumentalité et prévoit, dès l’origine, la conception conjointe de l’architecture, des œuvres d’art et du mobilier. L'architecte Maurice Novarina affirme la modernité monumentale par la réalisation d’un socle large et bas, recouvert d’une plateforme en béton avec un acrotère. Alors que la tour vitrée joue le rôle de signal vertical urbain, le soubassement de l’édifice est traité avec des éléments en béton architecturé. Les œuvres d’art ont été conçues pour être étroitement intégrées à l’architecture. La cour centrale est décorée au sol d’une mosaïque de Charles Gianferrari et d’une sculpture fontaine en bronze d’Étienne Hajdu. Dans le hall d’honneur, au rez-de-chaussée, se trouve une sculpture en marbre d’Émile Gilioli. De part et d’autre de l’escalier, les deux lustres sont dus à un maître verrier de Murano. Le hall dessert la salle du conseil et la salle des mariages, dont le mur est tendu d’une tapisserie d’Alfred Manessier. Enfin, dans le salon d’honneur, le mur d’étain martelé de l’entrée entre en résonance avec la tapisserie de Raoul Ubac. À l’ouest s’ouvre le hall des services administratifs avec l’accueil, l’état civil, etc., surmonté par la tour de 12 étages. Celle-ci repose au niveau du deuxième étage sur une plateforme en béton précontraint d’une portée de 23 mètres, qui s’appuie elle-même sur deux piliers enfermant les liaisons verticales (escaliers et ascenseurs).

Le bâtiment est labellisé "Architecture contemporaine remarquable".

Hôtel de ville, 11, Boulevard Jean-Pain, Grenoble

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Bibliographie

- Série « Architecture et Urbanisme », n° 44.
- Supplément aux analyses de l'Institut technique du bâtiment et des travaux publics, n° 252, Institut technique du bâtiment et des travaux publics, décembre 1986.
- MARREY B. Guide Rhône-Alpes de l'architecture du XXe siècle. Paris : Ed. URCAUE-Picard, 2004
- DELORME F. et BONNOT C. Maurice Novarina architecte. Annecy : CAUE de Haute-Savoie, coll. Portrait, 2009.

Crédit (auteur)

Directions des Affaires Culturelles et de l'Urbanisme, Ville de Grenoble

Date

1968

Diaporama

Hôtel de ville
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Atrium de l'hôtel de ville : mosaïque de Gianferrari et sculpture fontaine "Atome Fleur" d'Etienne Hajdu
Escalier du hall d’honneur et les lustres réalisés par un maître verrier de Murano