Hôtel de Ville, 1968

Hôtel de Ville, 1968

Hôtel de Ville de Grenoble, 1967
© Photo Sylvain Frappat, 2012, VdG.

L’ARCHITECTURE MODERNE DES JEUX OLYMPIQUES ET LES BÉTONS INGÉNIEUX Maurice Novarina, Jacques Giovannoni, Jacques Christin et Marcel Welti (architectes) Jean Prouvé (ingénieur, concepteur des murs-rideaux) Au début des années 1960, l’hôtel de Lesdiguières, qui a abrité la mairie pendant près de 250 ans, devient trop exigu. La construction d’un nouvel hôtel de ville est inscrite dans le programme des équipements qui doivent accompagner les Jeux olympiques d’hiver de 1968. Sa réalisation résulte d’une collaboration entre architectes, urbanistes et artistes plasticiens, assurant une combinaison parfaite entre harmonie, esthétisme et fonctionnalisme. Le programme (1965-1968) projette dans un même lieu élus, services et accueil de la population. Le choix architectural dissocie les différentes fonctions avec un bâtiment en deux parties : un socle pour l’accueil du public (bureaux administratifs, salle du conseil municipal, salon de réception, salle des mariages) et, à l’aplomb de ces espaces, une tour de 12 étages réservée à l’administration municipale. Son insertion dans le parc Paul-Mistral repose sur la combinaison d’un rez-de-chaussée surélevé au-dessus d'une cour centrale et d’une tour conçue avec un mur-rideau par Jean Prouvé. Ce projet conjugue fonctionnalisme et monumentalité et prévoit, dès l’origine, l’architecture, les œuvres d’art et le mobilier. Maurice Novarina affirme la modernité monumentale par la réalisation d’un socle large et bas, recouvert d’une plateforme en béton avec un acrotère. Alors que la tour vitrée joue le rôle de signal vertical urbain, le soubassement de l’édifice est traité avec des éléments en béton architecturé. Les œuvres d’art ont été conçues pour être étroitement intégrées à l’architecture. La cour centrale est décorée au sol d’une mosaïque de Charles Gianferrari et d’une sculpture fontaine en bronze d’Étienne Hajdu. Dans le hall d’honneur, au rez-de-chaussée, se trouve une sculpture en marbre d’Émile Gilioli. De part et d’autre de l’escalier, les deux lustres sont dus à un maître verrier de Murano. Le hall dessert la salle du conseil et la salle des mariages, dont le mur est tendu d’une tapisserie d’Alfred Manessier. Enfin, dans le salon d’honneur, le mur d’étain martelé de l’entrée entre en résonance avec la tapisserie de Raoul Ubac. À l’ouest s’ouvre le hall des services administratifs avec l’accueil, l’état civil, etc., surmonté par la tour de douze étages. Celle-ci repose au niveau du deuxième étage sur une plateforme en béton précontraint d’une portée de 23 mètres, qui s’appuie elle-même sur deux piliers enfermant les liaisons verticales (escaliers et ascenseurs). Le bâtiment est labellisé "Patrimoine du XXe siècle".

Hôtel de ville, 11, Boulevard Jean-Pain, Grenoble

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Bibliographie

- Série « Architecture et Urbanisme », n° 44.
- Supplément aux analyses de l'Institut technique du bâtiment et des travaux publics, n° 252, Institut technique du bâtiment et des travaux publics, décembre 1986.
- B. Marrey, « Guide Rhône-Alpes de l’architecture du XXe siècle » , Paris, édition URCAUE-Picard, 2004.
- F. Delorme et C. Bonnot, « Maurice Novarina architecte », Ed. CAUE de Haute-Savoie, coll. Portrait , 2009.

Crédit (auteur)

Directions des Affaires Culturelles et de l'Urbanisme, Ville de Grenoble

Diaporama

Hôtel de Ville de Grenoble, 1967
Hôtel de Ville, 1967
Patio de l'Hôtel de Ville vu du 12ème étage. Mosaïque "Sans titre" (détail), 1968 de Charles Gianferrariet et sculpture fontaine "Atome Fleur", 1968 d'Etienne Hajdu
Escalier du hall d’honneur de l’Hôtel de Ville et les lustres réalisés par un maître verrier de Murano.