Quartier Condorcet

Quartier Condorcet

Place Jacqueline Marval.
© Carte Postale, XXe siècle., AMG.
Au cœur de la ville, en arrière du cours Jean Jaurès, se niche le quartier Condorcet. Le plan d’embellissement de la ville élaboré par Jaussely en 1925 prévoit d’y installer une bourse du travail et un grand marché couvert. Finalement, le plan Jaussely impactera peu le quartier Condorcet. Ce territoire, délimité par la rue de Turenne, accueille jusqu’en 1930 de grandes propriétés. Au début des années trente, la famille Morel-Termat, parvient à lotir les terrains dont elle est propriétaire, afin d’y édifier des immeubles de rapport. Le règlement du lotissement prévoit vingt-trois lots. Comme dans le cas du garage hélicoïdal, les copropriétaires se regroupent en association syndicale libre. De 1933 à 1951, ce système permet l’édification d’un quartier qui apparaît comme un véritable laboratoire du logement moderne auquel participe une pléiade de jeunes architectes. Le traitement des volumes, l’implantation et la qualité des matériaux maintiennent une harmonie de l’ensemble, malgré des styles architecturaux très différents. La rue Thiers voit ainsi apparaître des immeubles au caractère innovant, dont le 44-46 bénéficie aujourd’hui du label Patrimoine du XXe siècle. Des nouveaux immeubles de huit à neuf étages viennent s’accoler sans transition à ceux de quatre à cinq étages. Cette différence d’échelle s’intègre facilement grâce à la grande qualité architecturale des immeubles existants, de type haussmannien, et à celle des nouvelles constructions, à la modernité douce. Les rues sont plus larges, les vues dégagées, la présence et la qualité des modénatures sont constantes : les encadrements précis des baies des immeubles de type haussmannien dialoguent avec les moulages de pierre factice et les balcons des immeubles plus modernes. La mise en place systématique de garages en rez-de-chaussée participe également de ce souci de confort moderne auquel la voiture est étroitement associée. La distinction classique entre espaces publics et espaces privés se reflète dans le traitement différencié des façades sur rue et sur cour. Celles-ci, moins soignées, abritent les dispositifs mécaniques (ascenseurs, monte-charge, descentes d’ordures). La communication des cours entre elles, ainsi que la grande dimension des îlots, créent de vastes espaces fermés propres à cet urbanisme. Le couronnement, en partie supérieure des façades des grands immeubles, présente une spécificité : des terrasses et édicules y sont quelquefois installés, nommés par les architectes eux-mêmes « les villas du sixième étage ».

Place Condorcet, Grenoble

Comment s'y rendre ?

Période historique

6ème période : 1925 / 1968

Classé en

  • Patrimoine Monumental (Civil)
  • Patrimoine Urbain (Place, Rue)

Thématique(s)

  • Histoire & Evolution de la ville

Bibliographie

- F. Lipsky, « Quartier Condorcet : Grenoble, 1933-1957 », L’atlas urbain de Grenoble, Thèse 3è cycle, Grenoble, Ecole d’architecture, 1985.
- B. Queysanne, « Le quartier Condorcet », La Lettre Grenoble Culture, n°20, juillet-octobre 1991, p. 4-5.

Crédit (auteur)

Directions des Affaires Culturelles et de l'Urbanisme, Ville de Grenoble

Diaporama

Place Jacqueline Marval.
Place Condorcet, immeuble XXe s.
Immeubles 44 et 46, rue Thiers.