Cours et Passages

Cours et Passages

Cour 2, rue Jean-Jacques Rousseau
© Photo Sylvain Frappat, 2012, VdG.

Les cours et passages de Grenoble

À l'époque médiévale, les demeures, implantées sur des parcelles exiguës, sont étroites et profondes. À Grenoble, jusqu'au XVIe, le logis est le plus souvent construit en front de rue, avec une cour ou un jardin à l'arrière. La construction d'un second corps de logis au fond de la parcelle implique par la suite l'aménagement de passages ou de traboules permettant leur accès. Le logis existant est souvent surélevé ou transformé au fil des années. Les étages sont alors généralement desservis par un escalier à vis construit hors de l'habitation. En façade, les ouvertures correspondent aux aménagements intérieurs et sont regroupées sans préoccupation d'alignement ni de symétrie. L'architecture médiévale se caractérise également par la présence d'une ornementation sculptée originale, encore très présente dans certaines cours malgré les vicissitudes du temps : chanfreins, onglets et nervures aux profils variés, représentations de grotesques ou de motifs végétaux stylisés, etc.

À partir du XVIIe siècle, l'architecture se formalise. Dans les hôtels particuliers, les cours s'agrandissent. Pour l'ensemble des demeures, la tourelle de l'escalier hors œuvre est abandonnée et ce dernier est ramené à l'intérieur du bâti, le plus souvent construit rampe sur rampe. Avec l'évolution des techniques constructives, il se développera ensuite autour d'un vide central, offrant un espace architecturé remarquable. Cette nouvelle conception de l'escalier « dans l’œuvre » va changer profondément l'image de la cour. En façade, les ouvertures s'élargissent et s'organisent géométriquement, en alignement et en symétrie, puis le principe des meneaux et traverses, largement utilisé jusqu'au XVIIe siècle, va progressivement disparaître. Depuis la fin du XVIe siècle, le registre de l'ornementation s'affine et puise son inspiration dans l'architecture antique, plus régulière et caractérisée par un décor de rinceaux.

Au XVIIIe siècle, l'architecture des cours va radicalement changer. De surface plus importante, elles ne sont dans certains cas séparées de la rue que par un muret surmonté d'une grille en fer forgé. L'emprise des demeures, qui peuvent être implantées sur plusieurs parcelles, va permettre la réalisation de larges et belles façades offrant une composition régulière des percements, sur rue et sur cour grâce aux fenêtres, très hautes et étroites. Les entrées sont fortement marquées par leurs grandes dimensions et de beaux encadrements en pierre.

Jusqu'à la seconde guerre mondiale, l'architecture urbaine a conservé le principe de l'habitation aménagée autour d'une cour. Comme aux siècles précédents, le traitement soigné de ces cours offre au logement un espace extérieur, abrité et calme qui apporte lumière en hiver et fraîcheur en été, et dont le rôle, tant esthétique que social, prend toute son importance.

L'accès aux cours et passages, très souvent copropriétés privées, n'est possible qu'à certains moments. Pour tout renseignement, contactez l'Office de tourisme Grenoble-Alpes Métropole qui organise des visites guidées permettant certains accès (Office de tourisme : 14, rue de La république à Grenoble ou au 04 76 42 41 41; www.grenoble-tourisme.com).

Période historique

7ème période : 1968 / aube XXIe

Classé en

  • Patrimoine Urbain (Cour, Passage)

Thématique(s)

  • Histoire & Evolution de la ville

Crédit (auteur)

Directions de l'Urbanisme, de la Communication et des Affaires Culturelles, Ville de Grenoble

Diaporama

Cour 2, rue Jean-Jacques Rousseau
Escalier cour 14, rue Chenoise