Omniprésence du paysage : depuis la Bastille, la ville comme un livre ouvert…

Omniprésence du paysage : depuis la Bastille, la ville comme un livre ouvert…

Vue de Grenoble depuis le site de la Bastille
© Photo Sylvain Frappat, 2015, VdG

Depuis le sommet de la Bastille à plus de 260 mètres au-dessus de l’Isère, les formations successives de la ville s’étendent selon les contraintes liées à la géographie du site et à son histoire militaire. L’horizon fermé par ce relief montagneux, descend jusqu’au centre de la cité par les pentes boisées du massif de la Chartreuse sur lesquelles se développent les fortifications de la Bastille, verrou naturel de la ville. Au premier plan, le cœur médiéval, bâti sur l’empreinte de la cité romaine, est reconnaissable par l’étroitesse de ses ruelles courbes et à ses toitures de teinte rouge-brun en tuile canal. On devine ensuite les premiers développements du 17e siècle caractérisés par un tracé des rues plus rectilignes. Au-delà s’enchainent les extensions 19e, significatives par leurs toitures d’ardoise de teinte grise, des axes de circulation plus larges, et l’aménagement de places aux contours réguliers. Ces extensions se limitent dans un premier temps à l’intérieur de l’enceinte militaire, visualisée aujourd’hui par la faille est / ouest des Grands boulevards. Elles s’étendent ensuite vers l’ouest, jusqu’à la limite naturelle du Drac. Enfin, la vague de l’étalement urbain du 20e siècle vers le sud se propage jusqu’aux communes limitrophes, offrant une « cinquième façade » de toitures plates dispersées, jalonnées d’espaces publics et d’une voirie géométrique très présente.

Bibliographie

- R. Blanchard, Grenoble. Étude de géographie urbaine, Armand Colin, 1911.
- R. Favier, « Naissance d’une ville alpine. Grenoble (XVIIe-début XXe siècle) », Histoire des Alpes, année 2003/8, p. 245-265.
- J. Joly et J.-F. Parent, Paysage et politique de la ville, Grenoble de 1965

Crédit (auteur)

Direction des Affaires Culturelles, Ville de Grenoble